Les années ’10. Lorsque je réfléchis à ces mots, l’image du siècle passé me vient à l’esprit. 1910, comme si les années 2000 avaient transformé en passé lointain ce siècle qui remplit nos livres d’histoire. Pourtant, à plusieurs égards la situation présente se différencie peu de ce qu’elle fût au début de l’année 1911. Si un parallèle existe entre ces décennies, c’est l’essor d’une technologie révolutionnaire de communication. Le cinéma a commencé à évoluer au début des années 1890 tout comme le web a commencé à évoluer au début des années 1990. En 1911, il continuait sa progression sans avoir encore connu son âge d’or, analyse que nous pouvons également appliquer au web.
La comparaison s’arrête pourtant aux médiums propres aux deux époques. Non parce que le contenu est à ce point différent, mais par la ferveur qu’ils transmettent. À l’aube de la Première Guerre mondiale et de la Première Révolution communiste, nos ancêtres avaient amplement de quoi alimenter leur imaginaire, du moins sous bien d’autres facettes que celle de la technologie. Par le passé, malgré les troubles significatifs que cela importait, les frontières n’étaient jamais fixées et dépendaient finalement du degré de la ferveur nationale.
Fixé. Peut-on penser que le temps s’est figé sous le poids d’un système mondial unique? Si c’était seulement cela, la situation ne ferait place qu’à une faible problématique facile à écarter. Ceux qui prétendent que ce système mondial unique nuit à la diversité n’ont qu’à explorer le web pour prendre compte de la complexité impalpable du monde dans lequel nous vivons. Non, la quantité pas remise en cause, ni la qualité des oeuvres disponibles (qui sommes-nous pour nous poser en juge tant il s’agit d’une notion subjective?).
La transcendance d’une oeuvre manque à cette décennie, à ce siècle. Aucune ferveur populaire durable ne résiste au changement de nos jours, et pourtant ce changement consiste toujours en un retour vers la normalité, vers ces jours qui passent à vive allure. Pour 2011, je nous souhaite de pouvoir tenir une grande réunion populaire d’autre acabit que l’évènement sportif ou mondain. Pour 2011, je nous souhaite une ferveur, des frissons, reliés à autre chose qu’un mouvement de protestation. Pour 2011, je nous souhaite une inspiration, une vraie.
« La grandeur des actions humaines se mesure à l’inspiration qui les fait naître. » Louis Pasteur



